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  • Photo du rédacteurJulie Pagès

Ceci est mon pied



« Faire quelque chose comme un pied »

« Être bête comme ses pieds "

… pourquoi tant de mépris pour ces petons chéris ?


Grâce à eux je tiens debout, je peux courir, sauter, gambader, me sentir libre !

Mes pieds je les chéris, ils sont beaux et racontent une histoire. Avec leurs aspérités à certains endroits, je peux lire comme sur une carte, la géographie de mon corps : comprendre mes appuis, ma posture et ses petites asymétries.

Je les mobilise sans cesse pour cohabiter avec cet « oignon » qui a fleuri au fil du temps, chaque orteil pouvant bouger et s’écarter de son voisin, pareil aux doigts agiles d’un petit gecko.


Mais avant tout, mes pieds sont mon ancrage, ils sont mon lien direct avec la Terre. Ils me permettent de descendre mes racines invisibles, énergétiques, à travers le parquet, sous le bitume, sous la terre battue, plus loin encore vers la croûte terrestre, jusqu’au noyau central de notre planète (un peu d’imagination). Ils m’ancrent dans l’espace physique mais aussi dans l’instant présent. Descendre ma conscience jusqu’à eux, aiguiser mon ressenti, requiert d’être là à 100%, dans l’ici et maintenant.

Pourtant souvent je vois mes élèves oublier leurs pieds. Ils sont alors comme pendants, inertes, et j’ai l’impression, en les observant, d’une fuite d’énergie, de quelque chose qui presque ne leur appartient pas.


En Yoga, l’asana (la posture) est un tout, notre être entier doit s’y investir. Chaque élément (interne et externe du corps) doit alors être présent et vivant, organisé, afin d’établir un réseau d’oppositions et de la mener vers une dimension plus énergétique et « vibrante ». C'est dans cette rigueur que se développe la concentration.

Si une partie de notre être est absente, alors la posture « fuit », elle s’évapore et devient floue, pour ne devenir qu’une forme physique, gym que l’on ferait à 1/2 concentré, en pensant à autre chose, ou en se souciant simplement de reproduire visuellement un geste, plutôt que de la quêter de l’intérieur, par nos sensations propres.

« Donner de la tenue » : j’aime particulièrement ce terme de « tenue » et son sens a autant d’importance en Yoga qu’en Pilates. Il induit la notion de tension, donc de maintien, d’une dynamique sur le fil. Tenir la posture comme un funambule tient sur son fil.


Et pour en revenir aux pieds, la tenue de tous nos membres, donc de ces extrémités (l'on pourrait d'ailleurs dire la même chose des mains), est essentielle pour sous-tendre la posture -ou l’exercice en Pilates- et lui permettre d’éclore dans son plein potentiel. Tout devient conscient et présent, l’asana devenant alors fleur intense et fragile, l’espace d’un instant.


Sacré pied.


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